LA BOULANGERE DU DIABLE de Hubert HUERTAS

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LA BOULANGERE DU DIABLE de Hubert HUERTAS

Titre :  LA BOULANGERE DU DIABLE

Auteur : Hubert HUERTAS

Editions : l'ARCHIPEL

Genre : roman - polar

Nombre de pages : 234

Date : 2019 (mai)

Prix : 19 €

 

Présentation physique du livre :

Un livre de moyen format comprenant un peu plus de 230 pages.

La couverture représente une boulangerie dans le brouillard.

 

Résumé : 

1906. Quelques semaines après le vote de la loi sur la laïcité, dans le haut bocage vendéen, un boulanger républicain est maudit par le cure de son village. Son crime ? Avoir hébergé dans sa grange, par un froid polaire, des soldats venus faire l’inventaire des biens de l’Église. Plus personne n’achètera son pain. Il en mourra et sa compagne s’enfuira en Algérie.
 
Cent ans plus tard, son arrière-petite-fille, elle-même victime de la fureur islamiste en Algérie, se refugie dans le me me village dont elle devient la boulangere. Des rumeurs l’accompagnent aussitot, parce qu’elle est algerienne et que le village, derriere son maire, est tres a cheval sur la lai cite . Mais elle n’est pas venue la par hasard. Depuis son enfance, sa grand-me re, qu’elle adorait, lui a parle d’une histoire qui a marque sa famille. Une famille vende enne chasse e de sa region natale au de but du siecle, et dont l’arrière-grand-mère s’est refugiée « aux colonies ».
 
Jour après jour, avec l’aide d’un jeune clerc de notaire, la jeune femme replonge dans l’histoire tragique de son aieul, que l’extremisme catholique a conduit au suicide. Son objectif : lui rendre justice...
 
A partir d’une histoire vraie, Hubert Huertas offre, avec ce suspense ancre dans nos terroirs, tout a la fois un hymne a la vie et un réquisitoire contre les fanatismes

 

Sur l'auteur et son univers 

Hubert Huertas, né à Tunis en 1950, ancien grand reporter pour France Inter et France Info, a dirigé le service politique de France Culture jusqu'en 2014. Il continue de collaborer à Mediapart. Il est l'auteur de cinq romans parus aux Presses de la Cité, de Nous jouerons quand même ensemble (2000) à Terminus Pondichéry (2006) et La petite fille qui venait d'Alger (2011), souvent inspirés de ses racines méditerranéennes.

 

Sur les éditions

Pourquoi l’Archipel ? À cette question, qui m’est souvent posée, j’apporte toujours la même réponse : une maison d’édition est un archipel de collections ; chaque collection, un archipel de livres. J’aurais pu me prévaloir de précédents connus, sans remonter à Archipel, recueil de nouvelles de Pierre Louÿs, ou à un excellent roman de Michel Rio, paru en 1987, qui porte ce titre. En créant cette maison d’édition en 1991, je souhaitais offrir, comme un créateur de mode propose sa collection d’hiver ou d’été, une collection, un archipel de livres, à chaque saison renouvelés, susceptibles d’offrir à tous les publics détente, émotion, évasion.

En quelque vingt ans d’activité – et plus de mille livres publiés – notre éclectisme a parfois pu surprendre.

« Comment, vous publiez tout à la fois des romans du terroir, des suspenses, des romans historiques, mais aussi des essais politiques ou de société, des enquêtes, des biographies, des ouvrages de psychologie, et même des livres illustrés ! Vous n’avez pas le tournis ? » Eh bien non ! Le tournis, nous tentons de nous en préserver en maintenant le cap d’une politique éditoriale cohérente. Moitié fiction, moitié non-fiction, nos cent nouveautés annuelles abordent certes des rives éloignées les unes des autres, mais ont un point commun : elles ont toutes pour mission de donner envie. Envie de connaître, envie de se cultiver, de se détendre ou de se passionner… Il est vrai que nos thrillers – « porter sur les nerfs », en anglais – sont choisis de façon à faire trembler… de peur ou de plaisir !

Depuis deux décennies, le « grand » public, qui n’est pas « un » mais multiple, a découvert un archipel où faire escale. Une nouvelle raison de délaisser, l’espace d’un livre, le petit écran dévoreur de temps, pour tourner la (ou les) page(s) et palper le velours 80 grammes porteur de promesses…

 

 

AVIS

Un grand merci aux éditions l'Archipel pour l'envoi de ce roman..

Début du livre

L'histoire dure depuis plus longtemps que les hommes.

 

Cette simple phrase, la première du livre résume toute l'histoire.

Je précise que ce récit est tirée de faits réels.

Au début des années 1900, un boulanger est retrouvé pendu. Sa femme Joséphine, alors enceinte de leur enfant, se retrouve exhérédée et décide de quitter le petit village de Vendée où ils tenaient une boulangerie.

Presque cent ans plus tard, à des milliers de kilomètres de là, de l'autre côté de la méditerrannée, Nadia découvre sa mère assassinée dans sa boulangerie.

A partir de ce moment là, son destin va changer à jamais et sa vie ne sera plus la même.

Alors que tous ses proches lui disent qu'elle est en danger en restant à Alger, elle décide de partir en France en Vendée, retrouver son cousin éloigné : Cousin Jacques.

Elle arrive alors au village où elle est très bien accueillie par tous. Mais la demande de son cousin Jacques lui paraît étrange. elle ne doit en aucune façon révéler qu'elle est sa cousine et que son aïeul est le boulanger qui s'est suicidé il y a de cela presque cent ans.

Elle reste plus d'un an. Et ce temps elle le met à profit pour découvrir la vérité sur la raison qui a fait que Joséphine, la femme de Henri le boulanger est repartie à Alger. Pour quelles raisons son mari l'a privée de tout. Quels sont les causes de son suicide.

Rien ne semble très clair.

 

Heureusement que Cousin Jacques va lui dévoiler ce qu'il sait, et qu'Edmond, jeune clerc de notaire au passé également très troublant, va l'assister dans ses recherches. 

Ils vont mettre au jour une énorme machination qui dure depuis plus de cent ans.

 

Sur fond d'extrémisme religieux, de peurs, de trahisons, de secrets, de mensonges et de non-dits, la vérité éclatera en faisant de nombreux dégâts.

Beaucoup de rappels historiques , de passages consacrés à Clémenceau et d'autres. L'auteur va livrer par la voix notamment de Cousin Jacques,  

une histoire passionnante entre l'Algérie et la France

- une histoire entre les hommes et leurs aïeuls

- et surtout la lutte de l'Eglise pour préserver son indépendance au détriment de vies humaines, dans le cas présent.

 

Je verrais bien ce livre être adapté en film .

Nadia, cette jeune femme des années 2000 qui met tout en oeuvre et a à coeur de découvrir toute son histoire ; même si cette dernière au départ lui fait peur.

J'imagine bien cousin Jacques délivrer petit à petit et par bribes l'histoire, telle qu'elle lui a été contée par son père et ainsi de suite.

Tout cela sur fond de farine et de four à pain.

 

Les personnages :

Nadia : jeune femme d'environ trente ans, qui découvre sa mère assassinée à cause de sa position et à cause de ses idées. Elle se retrouve plongée dans son histoire et doit faire face à deux de ses ascendants morts en raison de leurs positions.

Amoureuse de son pays de naissance, elle va trouver en la France son pays d'adoption.

 

Jacques : boulanger ayant repris le commerce de feu Henri. Il vit avec son épouse Elisabeth et comme dans tout village, essaie de ne pas de faire remarquer.

Il aimerait être élu maire, mais c'est sans compter ses opposants ou plutôt les villageois qui ont l'habitude de suivre le mouvement sans faire de vagues. Avec sa femme ils accueillent chaleureusement Nadia.

 

Hakim : compagnon de Nadia, resté au pays à l'attendre.

Il sera d'une patience à toute épreuve même lorsque cette dernière, une fois en France, ne lui donnera plus de nouvelles.

Il sera là à son retour et lui réservera une surprise grandiose.

 

Edmond : jeune clerc de notaire, orphelin et recueilli par le comte.

Ce dernier l'a fait embaucher chez le notaire et a prévu pour lui un mariage arrangé avec la fille de ce dernier.

Il gère la fortune de ses parents suite à un testament. Très troublant. Edmond assiste à d'étranges échanges et découvre des malversations.

 

Le point fort de l'histoire : il s'agit d'une histoire tirée de faits réels.

 

Le style de l'auteur

De nombreux passages sur l'histoire de la France et de l'Algérie montrent à quel point l'auteur s'est documenté pour construire son livre. Au delà, de cela, il arrive à faire durer le suspense jusqu'au bout et la phrase qui va faire basculer l'histoire est pour le moins originale :

"Le curé , ah ! ah ! le curé, il l'a dans le cul !

Qui aurait pu penser qu'une simple phrase allait faire plonger de nombreuses personnes influences de ce village.

Une petite pointe d'ironie avec notamment le surnom d'Edmond est également appréciable.

 

Le genre

Un roman historique tiré de faits réels.

 

La forme de l histoire

Le récit est divisé en plusieurs chapitres.

Le texte est aéré et l'écriture est fluide. Ce qui en fait une lecture agréable.

 

Conclusion :

Une récit passionnant qui nous plonge dans l'histoire d'une femme française exilée en Algérie, alors encore française.

Ses descendantes ne vont avoir de cesse de prôner la liberté de la femme et refuser de se soumettre à la volonté des hommes qui voudraient les voir à la maison.

Publié dans roman

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