LE BANQUET DES PHEACIENS de Denis Filippi

Publié le par livrement_ka

LE BANQUET DES PHEACIENS de Denis Filippi

Titre : LE BANQUET DES PHEACIENS

Auteur : Denis FILIPPI

Editions : Maïa

Genre : roman

Nombre de pages : 173

Date : 2019 (septembre)

Prix : 

 

Présentation physique du livre :

Un livre de format moyen comprenant près de 200 pages.

La couverture représente une photo en mer de nuit sous de gros nuages.

 

Résumé :  

Quand Rolilhalha et Sarhaan quittent leur Niger natal pour rejoindre la Libye et tenter l’aventure européenne, ils laissent derrière eux leur famille, leur histoire et leur terre. Bloqués pendant plusieurs jours dans un squat insalubre de Syrte, les deux hommes luttent pour leur survie en attendant leur départ. Ils rencontreront la guerre des passeurs, les groupuscules armés et les emplois pénibles dans un sentiment de peur et d’absence. Un monde cruel, impitoyable et inhumain exploitant la misère et le désespoir.
Quitteront-ils cet enfer ?
Que trouveront-ils sur l’autre rive ?
Parallèlement, à Dirkou leur village, l’arrivée d’orpailleurs dégrade la situation, entrainant violence et inflation. Une rébellion est envisagée par Laouali, un villageois, mais le sentiment d’impuissance paralyse les hommes. Assia, la femme de Rolilhalha fait ce qu’elle peut pour avancer et aider son père, ancien chef Toubou aveugle et épuisé, en travaillant dans une exploitation aurifère.
Errant entre espoir et désespoir, la souffrance et l’entraide, les personnages cherchent une voie, une lumière, un salut dans un désert aride et violent ou sur une mer imprévisible.

 

AVIS

 

Je remercie l'auteur pour la transmission de son livre qui sort des sentiers battus mais qui rejoint l'actualité.

 

Début du livre

Syrte J-10

Chaleur

Fatigue

La ville s'écrase sous les embruns de chaleur de la poussière. Les murs craquelés tremblent sous le soleil et le fourmillement désespéré de milliers d'ombres humaines à la recherche d'un abri et d'une paillasse pour la nuit.

 

L'ambiance dans la ville est posée. On retrouve des centaines d'hommes candidats à la traversée maudite pour rejoindre cette Europe présentée comme sauveuse.

Mais le chemin sera long et semé d'embûches.

Et c'est à cela que vont être confrontés nos deux cousins.

Sarhaan a persuadé son cousin Rolilhalha de quitter leur village que les orpailleurs de toutes nationalités étaient en train d'envahir , en quête d'or.

Il lui a présenté la traversée pour rejoindre cette Europe tant espérée comme la seule chose à faire.

Rolilhalha et son cousin sont donc partis tous deux laissant derrière eux la famille et la compagne de Rolilhalha, Assia.

Mais avant d'entreprendre la traversée, il faut travailler à Syrte pour gagner de quoi payer les passeurs.

Et parallèlement à la vie des deux cousins qui n'est absolument pas enviable, on assiste impuissant à la descente aux enfers des villageois restés sur place et notamment d'Assia et sa famille.

 

Le style de l'auteur

La construction du livre : plusieurs chapitres vont venir rythmer l'histoire. On passe simultanément de Syrte avec les deux cousins, à Dirkou le village natal, dans lequel essaient de survivre Assia et sa famille, dont son pète impotent et atteint de cécité.

Les chapitres sont courts et permettent de suivre le quotidien des personnages dans chaque ville.

La plume est fluide et le texte aéré ce qui en fait une lecture agréable. Néanmoins j'ai peu apprécié la mise en page un peu trop compacte.

 

Le style de l'auteur est vraiment de présenter l'histoire comme si elle reflétait une vérité.

Même s'il s'agit d'un récit de fiction, je pense qu'il correspond à une certaine réalité, à certaines choses auxquelles a assisté l'auteur dans le cadre de ses nombreux voyages.

Quant à la couverture elle est tout à fait dans le thème du livre : oppressante dans un décor lourd et sombre.

L'auteur présente d'un côté l'espoir de ces deux nigériens de connaître une belle vie en rejoignant l'Europe. Ils espèrent rejoindre ce continent peu importe les efforts et sacrifices qu'ils doivent faire car ils ont la certitude qu'une belle vie les attend.

Mais Rolilhalha va finir par douter de tout ça, subissant tous les jours de plus en plus d'humiliations, de peur. Il en vient à regretter son village et sa famille.

La manière de l'auteur de présenter son histoire pourrait faire penser à un reportage. 

Parce que dans l'actualité, on assiste impuissant à l'arrivée sur les côtes en Europe de ces embarcations de fortune, dans lesquelles seuls les plus forts résistent et arrivent vivants.

 

J'ai vraiment apprécié de passer de l'autre côté de la frontière et d'imaginer grâce à l'histoire toutes les étapes nécessaires à cette traversée, et surtout la description de ces passeurs,  qui ne sont intéressés que par leur pouvoir et leur argent. Ils n'ont aucune espèce d'empathie pour tous ces clandestins à la limite de la survie. 

Grâce à  cette histoire, on peut facilement remonter jusqu'à la décision même de partir à la conquête du bonheur ??? du faux bonheur malheureusement pour les migrants. 

 

Les personnages sont vraiment bien décrits et travaillés. Ils sont calqués sur ce que l'on imagine. Ils sont prêts à de nombreux sacrifices. 

A côté des personnages principaux, les passeurs et orpailleurs sont présentés tels des hommes malfaisants et surtout prêts à tout pour garder leur pouvoir et imposer leur volonté à des personnes qu'ils considèrent comme inférieures. On se retrouve dans une situation à la limite de l'esclavagisme.

On découvre les mauvais côtés de l'homme tant dans ses pensées que dans ses agissements et son rapport à l'autre.

 

Quant au décor de l'histoire, on suit le quotidien plus que difficile des personnages. Ils supportent des choses absolument inqualifiable : la faim, la peur, la fatigue....Ils cotoient souvent la mort, mais au final cette mort ne serait-elle pas plus douce et plus clémente. On a l'impression que l'espace de vie des candidats est sale, ils dorment sur des paillasses infestées de puces, poux et autres, ne mangent pas à leur faim; bref ils vivent dans des conditions misérables.

 

Et je préfère ne pas vous dévoiler la fin : cette sorte de petit "paradis"....Existe t'il vraiment ?

 

 

Sur l'auteur et son univers 

Né en 1981 à Bastia, Denis FILIPPI écrit depuis l'âge de douze ans. Diplômé d'une Licence de Lettres et linguistique, il a parcouru le monde pour nourrir son écriture et livre dans ses textes ses expériences de voyages. Il vit en corse. Le Banquet des phéaciens est son premier roman.

 

 

Sur les éditions

https://www.editions-maia.com/

Publié dans roman

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